écriture
Sans la révolution c’est impossible
Au gré de sa lecture de trois livres de poésie en traduction récemment publiés, Pierre Vinclair revient sur le rapport entre l’intérêt du poème et la coupure : celle qui sépare le texte de son contexte (et retranche le lecteur de la société), mais aussi l’événement de la coupe à la fin du vers. C’est l’occasion d’explorer un paradoxe structurant la pragmatique de l’art : les œuvres semblent avoir besoin d’être soustraites au flux de la vie sociale pour en relancer autrement et mieux les énergies. Le sens profond de la coupure, du retrait, de la séparation est de nous faire voir quelque chose comme l’absolu.
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Le domaine de la vie
Dans Le domaine de la vie, livre dont Hortense Raynal nous offre ici un extrait, l’écriture rejoue la singulière présence au monde d’une ou plusieurs femmes dont le cerveau et la voix sont dits neuroatypiques. Le texte témoigne du permanent décryptage, du rapport fractionné au langage, de l’invention effrénée, des possibles ajustements de celle qui veut faire corps, depuis sa marge, avec le social. Souvenirs, perceptions, informations, mots, visages sont identifiés, pour en démasquer l’implicite, l’incompris, pour les relier selon un mode d’intelligence que l’autrice sort de l’inédit. Au-delà du champ de la neuropsychologie, ce poème rappelle aussi la fragilité des relations à soi et aux autres, et l’apprentissage continuel qu’est une tentative d’adaptation.
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Lignes de grâce et de disgrâce : à propos d’une page de Félix Ravaisson
Félix Ravaisson, maître de Bergson et penseur de la grâce, est aussi l’auteur moins connu de petits gribouillages auxquels Francis Haselden accorde toute son attention dans sa chronique habituelle. Il y démontre l’indémontrable, à savoir que le gribouillage a tout à voir avec la grâce, si l’on conçoit celle-ci comme l’apparence même du naturel.
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Comment pensent docx, TEI et ekdosis ? Habiter l’espace numérique
L’espace numérique est devenu l’espace de raccordement de tous nos lieux de vie et l’espace principal même dans lequel nous vivons. Mais comment vivre dans l’espace numérique ? Comment rendre l’espace numérique vivable, habitable, désirable ? Pouvons-nous démocratiser l’espace numérique sans aboutir à une uniformisation des lieux ? Et comment penser l’espace numérique tout autant qu’il nous pense ? Marcello Vitali-Rosati répond à ces questions en analysant l’“architecture” de l’espace numérique à travers les logiciels de traitement de texte, leurs formats d’écriture, leurs spécificités locales, leurs sensibilités textuelles et leurs modes de pensée.
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