fiction
Sans la révolution c’est impossible
Au gré de sa lecture de trois livres de poésie en traduction récemment publiés, Pierre Vinclair revient sur le rapport entre l’intérêt du poème et la coupure : celle qui sépare le texte de son contexte (et retranche le lecteur de la société), mais aussi l’événement de la coupe à la fin du vers. C’est l’occasion d’explorer un paradoxe structurant la pragmatique de l’art : les œuvres semblent avoir besoin d’être soustraites au flux de la vie sociale pour en relancer autrement et mieux les énergies. Le sens profond de la coupure, du retrait, de la séparation est de nous faire voir quelque chose comme l’absolu.
Lire la suite
De quelques rapports entre phénomènes extraterrestres et questions écologiques
Dans ce nouvel entretien, Dominiq Jenvrey discute avec les deux spécialistes français des soucoupes volantes et des phénomènes parapsychiques : le sociologue et anthropologue Pierre Lagrange et le sociologue et philosophe Bertrand Méheust. Ensemble, ils proposent une actualisation de ces phénomènes étranges à l’aune de la catastrophe bioclimatique.
Lire la suite
Où sont nos personnages de théâtre?
Sur Marius de Joël Pommerat
Sur Marius de Joël Pommerat
Aux personnages de fiction incarnés sur la scène peut se superposer l’image des corps qui les ont joués avant eux, se confondant alors dans le temps du spectacle et après. C’est cette expérience d’êtres situés au carrefour de l’espace et de l’image que Déborah Bucchi raconte dans sa nouvelle chronique, à partir de la mise en scène par Joël Pommerat du Marius de Marcel Pagnol présentée à la MC93 en décembre dernier. Une expérience qui est l’occasion de poursuivre l’enquête sur la nature des êtres de théâtre dans le monde contemporain.
Lire la suite
Follow the Water
À la frontière entre le documentaire et la fable, le film de Pauline Julier et Clément Postec Follow the Water explore le désert d’Atacama, au Chili. C’est là, aux abords des salars de lithium, que des scientifiques entraînent leurs rovers pour explorer la planète Mars, et que des groupes autochtones se battent pour le droit d’accès à l’eau… La question se pose donc : que révèle cette quête de traces de vie sur d’autres planètes quant à notre propre manière d’habiter la Terre ? À découvrir : un entretien passionnant avec la cinéaste.
Lire la suite
La Mesías, foi et fiction
Entre tinieblas : c’étaient les années 1980 et, justement, les ténèbres se dissipaient, un grand vent de liberté soufflait sur Madrid, l’insolence d’Almodóvar peuplait un couvent de nonnes héroïnomanes et érotomanes. Quarante ans plus tard, comment hériter de la Movida ? Comment, dans la Péninsule, interroger la foi à l’heure où la voix (vox) de l’extrême-droite se réveille, où les ténèbres à nouveau s’épaississent ? Voyez La Mesías, de Javier Ambrossi et Javier Calvo (dits « los Javis »), autres enfants terribles madrilènes, qui se réclament de leur aîné. Et, auparavant (ou ensuite), lisez les TQR !
Lire la suite
Un cinéma des terrestres ?
On sait le cinéma friand de catastrophes. S’il y en a pourtant qu’il n’a pas couvertes, c’est bien celles qui nous touchent le plus directement aujourd’hui : les cataclysmes écologiques, de l’extinction de la biodiversité aux ébranlements du climat. Pour faire face à cette lacune, nous avons imaginé cet échange entre trois chercheureuses travaillant de longue date sur l’ajustement du cinéma à l’Anthropocène. Chacun·e y raconte les cheminements de son regard et de sa prose pour trouver les points de contact entre une passion et une angoisse, entre le cinéma et l’apocalypse en sourdine formant notre lot historique.
Lire la suite
Herr Gröttrup s’assied
Fiction littéraire d’une grande originalité, mêlant ironie et humour, Herr Gröttrup setzt sich hin de l’autrice, essayiste et militante britannique Sharon Dodua Otoo raconte l’histoire de Herr Gröttrup, de son épouse et d’un œuf. La traduction de cette nouvelle primée a été réalisée dans le cadre du festival littéraire international Mixed Zone qui s’est tenu à l’Université de Liège en 2017.
Lire la suite
une idylle partielle
« une idylle partielle » est la fin d’un conte dystopique, mélusine reloaded (éditions Corti). Fabriquant à partir des ‘restes’ des récits du Moyen Âge des images dialectiques, Laure Gauthier fait revenir la fée mélusine dans des paysages désenchantés, un monde post-démocratique, multipollué et envahi de « Touristes Traversants » (TT) dont la langue, dévoyée, regorge d’acronymes. « une idylle partielle » est le moment où la fée, loin de s’échapper par les airs, au moment où son animalité est découverte, accepte de rentrer dans le temps de l’Histoire, de vieillir donc. Ce long poème en prose transforme la tradition de l’idylle pour imposer une éthique de la fragilité : il ne s’agit pas là d’une faiblesse mais d’une conscience de l’état du monde humain et naturel : « L’apocalypse est un nom qu’il ne faudrait pas employer. Mélusine en propose un autre : un présent encore. C’est un chant suffisant. » Extrait accompagné d’une capsule sonore avec la voix de Laure Gauthier et la musique d’Oliver Mellano.
Lire la suite